Le Vélodrome était en effervescence ce soir pour la réception du PSG. Remis en selle après ses bons résultats des dernières semaines, l’OM avançait un peu masqué ce soir. Après la déroute de la saison précédente et l’humiliation subie à Monaco, les Olympiens souhaitaient avant tout sortir dignement de ce duel. Une victoire, ce qui n’est plus arrivée dans un Classique depuis novembre 2011, paraissait assez improbable face à l’armada du PSG, leader du championnat et toujours invaincue. Sauf que ce genre de rencontre réserve toujours des surprises. Pour provoquer l’irrationnel, Garcia envoyait un 4-2-3-1 avec la paire Rami-Rolando et un duo Anguissa-Gustavo devant la défense. Ocampos démarrait également. En face, Unai Emery alignait son 4-3-3 habituel avec le retour de Thiago Silva dans le onze.

Les supporters olympiens poussaient énormément dès le coup de sifflet et cela contribuait au bon début de rencontre des Marseillais. Si la qualité technique n’était pas vraiment au rendez-vous, ils jouaient haut sur le terrain et se battaient sur tous les ballons. Paris se procurait tout de même une grosse occasion par l’intermédiaire de Kurzawa. Décalé par Neymar, le latéral se débarrassait de Rami mais ne cadrait pas sa frappe (7e). C’est Cavani ensuite qui mettait Mandanda à contribution après s’être arraché devant Sakai (13e). Malgré ces deux opportunités, l’OM était parfaitement rentré dans son match. Luiz Gustavo profitait d’un moment relâchement, après que Neymar s’arrêtait de jouer, pour ajuster Areola d’une belle frappe travaillée du gauche depuis les 20 mètres (1-0, 16e). Le Vélodrome entrait en fusion.

Cavani sauve un PSG qui termine à dix après le rouge de Neymar

Les Parisiens ne paniquaient pas. Dans la foulée, Cavani manquait une belle occasion sur un centre de Kurzawa (18e). Les locaux affichaient une belle solidité derrière et parvenaient à éteindre facilement les courses d’un Mbappé fantomatique. C’est finalement l’autre star qui répliquait. A la réception d’un ballon glissé par Rabiot dans le coin gauche de la surface, Neymar envoyait une frappe millimétrée dans le soupirail de Mandanda (1-1, 33e). Après cette égalisation, l’OM entrait d’un temps faible jusqu’à la pause mais résistait et tenait le nul. La seconde période démarrait sur le même rythme. Les Parisiens revenaient d’autres intentions dans le jeu. Ils avaient un total contrôle sur le cuir et étouffaient les Marseillais. Néanmoins, ils ne se procuraient pas d’occasion.

Tout de même, sur une accélération côté droit, Mbappé prenait de vitesse Amavi qui réussissait à récupérer le cuir en taclant mais il l’accrochait également de la main (54e). L’arbitre ne voyait pas l’action… L’OM souffrait, ne parvenait plus à reprendre les seconds ballons, mais le vice-champion de France ne se montrait pas dangereux et n’était surtout pas à l’abri d’une surprise. D’ailleurs, sur une erreur d’appréciation de Rabiot, Njie centrait pour Thauvin qui trompait Areola de près (2-1, 79e). Le Vélodrome chavirait de bonheur et se permettait de croire en l’exploit. Surtout que Neymar écopait de deux jaunes en 5 minutes et laissait ses partenaires à dix. Sarr profitait des espaces mais échouait face à Areola (86e). L’OM pensait tenir sa première victoire depuis une éternité dans le Classique mais c’était sans compter sur Cavani. Il récupérait un coup-franc à 25 mètres qu’il propulsait sous la barre (2-2, 90e+3). Paris arrache un nul dans une rencontre ennuyeuse, mais dingue sur la fin.

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L’homme du match : Luiz Gustavo (8) : l e retour du Brésilien au milieu de terrain était très attendu et on comprend pourquoi. Au four et au moulin, il aura été le poumon mais aussi le régulateur du jeu. Même au plus fort de la domination parisienne, il a calmé ses partenaires. Il effectue notamment des retours importants dans les pieds de Mbappé lancé à pleine vitesse (27e, 69e) et il offre l’avantage à son club d’une frappe magnifique (16e). Il a fini avec le brassard de capitaine.

- Mandanda (4,5) : il pouvait s’attendre à une soirée difficile face à l’artillerie du PSG. Ce ne fut pas vraiment le cas malgré deux buts encaissés. Concentré sur cette première frappe de Cavani (13e), il capte facilement la faible tête de Thiago Silva (75e). Pour le reste, le gardien voit les tentatives de l’Uruguayen (18e) et de Kurzawa (7e) passées à côté de sa cage. Il a beau se détendre sur la frappe de Neymar, il est un peu court (33e), tout comme sur l’énorme coup-franc de Cavani (90e+3) où il retire son bras.

- Sakai (5) : pas toujours serein dans sa surface à l’image de ce ballon dégagé en corner (21e), il a su résister aux raids de Neymar et Mbappé (11e) avec pas mal d’engagement. Il a d’ailleurs glané pas mal de ballons dans les pieds parisiens. Offensivement, on ne l’a pas vu. Il faut dire qu’il était surtout concentré à ne pas se faire déborder. Malgré tous ses efforts, l’égalisation vient de son côté (33e). Averti pour un excès d’engament sur Neymar (51e).

- Rami (5) : match mitigé de sa part. Il a donné de la voix, a montré l’exemple dans l’impact (19e) mais il a été bougé par les attaques parisiennes. Il se fait endormir par Kurzawa (7e) et est trop attentiste face à Neymar sur l’égalisation. Globalement, il a souvent lâché le marquage dans sa surface comme face à Cavani (18e). C’est lui qui récupère le ballon dans les pieds de Neymar (16e).

- Rolando (6) : préféré à Abdennour dans le onze de départ, on pouvait craindre sa lenteur face à la vitesse des attaquants du PSG mais au final, il n’a pas vraiment souffert de cela à part face à Rabiot en début de match (5e). Il a su éteindre le jeune Mbappé grâce à son placement et son expérience (43e). Pour le reste, il a régné dans les airs dans sa surface.

- Amavi (7) : l’ancien Niçois a fait un match intéressant dans son couloir. Il a su jouer haut pour profiter des faibles efforts défensifs de Mbappé et ainsi dépasser le premier rideau. Il a proposé pas mal de solutions et n’a jamais paniqué pour son premier Classique. Propre techniquement (23e, 47e), concentré et agressif (50e), il a bien protégé son côté. De bon augure pour la suite même s’il aurait dû concéder un penalty face à Mbappé (54e).

- Anguissa (6,5) : le très athlétique milieu de terrain progresse dans pas mal de domaines mais il coûte encore à son équipe. Sa belle présence au milieu a gêné un peu le jeu du PSG et cela lui a permis de récupérer beaucoup de ballons. Néanmoins, il n’a pas toujours respecté son positionnement ce qui a parfois desserré les lignes (5e, 55e, 59e). Il est aussi en retard face à Neymar sur l’égalisation (33e).

- Gustavo (8) : le retour du Brésilien au milieu de terrain était très attendu et on comprend pourquoi. Au four et au moulin, il aura été le poumon mais aussi le régulateur du jeu. Même au plus fort de la domination parisienne, il a calmé ses partenaires. Il effectue notamment des retours importants dans les pieds de Mbappé lancé à pleine vitesse (27e, 69e) et il offre l’avantage à son club d’une frappe magnifique (16e). Il a fini avec le brassard de capitaine.

- Thauvin (5,5) : l’international français a passé sa soirée à courir. A beaucoup courir. C’est bien simple, il n’a fait que défendre son couloir et aider Sakai face à Neymar et aux déboulées de Kurzawa. Il a touché très peu de ballons et n’a jamais pu peser offensivement mais il a fait le boulot pour défendre. Il n’a pas hésité à mettre le pied et à répondre présent dans l’agressivité. Il pense finir en héros du Vélodrome en marquant un but sur un centre de Sarr (79e). Remplacé par Sarr (83e) qui a perdu un duel face à Areola (86e).

- Payet (3) : le capitaine a montré tout son volontarisme. Présent dans l‘impact et agressif, on ne l’avait pas beaucoup vu dans ce registre depuis le début de sa carrière. Mais s’il a montré toute son envie, il n’a pas été au niveau technique avec une imprécision bien trop importante dans la zone de vérité. Même sur les rares ballons exploitables, il n’a pas réussi à influer sur le jeu. Remplacé par Sanson (76e) qui a eu le temps de prendre une biscotte (90e).

- Ocampos (3) : lui aussi ne s’est pas montré de la rencontre. Aligné côté gauche, il a tenté de gêner les courses et les sorties de balle de Meunier mais c’était bien trop faible. Techniquement, il a manqué beaucoup trop de choses à l’image de ce centre en fin de rencontre (72e). Il faut dire qu’il avait tellement donné avant. Averti après une altercation avec Neymar qui a expulsé le Brésilien (87e).

- Mitroglou (2,5) : pour sa deuxième titularisation de suite en championnat, le Grec n’a pas vu le jour, comme l’ensemble de ses coéquipiers de devant. Il n’a pas réussi à gêner les défenseurs dans les airs. Et n’a eu aucun ballon à se mettre sous la dent. Averti (45e), il a été remplacé par Njie (65e) qui a fait jouer sa vitesse sans parvenir à déséquilibrer le bloc adverse mais il profite d’une erreur de Rabiot pour envoyer Thauvin marquer le but de la victoire (79e).

PSG :

- Areola (4,5) : les opinions seront partagées sur le but de Gustavo (16e). Certes, le Brésilien a donné un effet bizarre au ballon sur sa frappe des vingt-cinq mètres, mais le portier parisien aurait sûrement dû mieux lire la trajectoire. Il n’a touché que deux ou trois ballons en seconde période, dont un qu’il a dû chercher au fond des filets après avoir été battu par Thauvin (79e). Il a sauvé sa partition en repoussant du pied la balle du KO de Sarr (86e). Un arrêt décisif, puisque Cavani égalisait par la suite.

- Meunier (5) : moins en vue offensivement que Kurzawa, il a néanmoins bien cadenassé son côté droit, laissant très peu d’occasions à Ocampos. Décevant encore sur le front de l’attaque en seconde période, le Belge a encore compensé avec du bon travail défensif, dont un superbe retour sur Amavi (63e). Il a baissé de niveau en toute fin de match, mais mérite la moyenne ce soir.

- Marquinhos (5) : une première période solide pour le Brésilien qui a contré et dégagé de nombreux ballons dangereux (15e, 39e). Un second acte facile, la charnière centrale parisienne n’avait quasiment rien à faire… jusqu’au centre de Njie où les deux Brésiliens sont restés scotchés et ont vu Thauvin délivrer l’Orange Vélodrome (79e).

- Silva (5) : critiqué parfois pour son manque de caractère dans les gros rendez-vous, le capitaine ne s’est pas affolé après le bon début du match de l’OM. Il a joué comme si de rien était, calmant le jeu et ses coéquipiers. Mieux vaut une réaction sobre que de l’affolement général… En seconde période, il a défendu proprement son territoire et est même l’auteur de la première frappe parisienne en seconde période à la… 75e minute. Il a faibli ensuite et ne s’est pas montré décisif sur le but de Thauvin (79e).

- Kurzawa (5,5) : très disponible au début du match, il s’est procuré une grosse occasion (6e), envoyant dans les tribunes une frappe compliquée à négocier. Toujours aussi dangereux offensivement, son centre rasant aurait dû être mieux négocié par Cavani (18e). Malgré ses prises de risque, il n’a été que très peu perturbé défensivement. Il s’est moins aventuré en seconde période, mais a bien défendu (70e).

- Motta (4) : l’Italo-Brésilien a joué trop décontracté au début du match, comme en témoigne cette passe hasardeuse (3e). Heureusement qu’il pouvait compter sur un grand Verratti, car il était étonnement lent ce soir et douteux sur ses placements. Bien plus concentré en seconde période, il s’est néanmoins montré brouillon à plusieurs reprises, perdant des ballons dans des zones dangereuses. Moyen ce soir, il est remplacé par Draxler (69e). L’Allemand a apporté beaucoup d’énergie et a cru jusqu’au bout à une égalisation.

- Verratti (7) : alors que le PSG semblait quelque peu tendu dans les premières minutes, le petit italien a remis les choses en ordre au cœur du terrain. Il a sorti le grand jeu ce soir, grattant de nombreux ballons et faisant le lien entre la défense et l’attaque. En revanche, sur le but de Gustavo (16e), il n’a pas assez gêné le Brésilien. Toujours aussi précieux en seconde période, il a maintenu, comme il le pouvait, la stabilité du bloc parisien. Excellent également avec ses passes, longues ou courtes.

- Rabiot (6) : peut-être le joueur parisien le plus calme (avec Thiago Silva) en première période. Il ne s’est jamais affolé malgré le jeu haché de son équipe et la débauche d’énergie de l’OM. Il a bien lu le jeu, comme en témoigne son placement intelligent et sa remise pour Neymar qui a égalisé (33e). Il n’était que l’ombre de lui-même en seconde période, beaucoup plus lent et battu lamentablement par NJie sur le deuxième but de l’OM (79e). Un match à deux visages.

- Mbappé (2) : aurait-il voulu trop bien faire pour son premier classique ? La jeune pépite française a beaucoup dézoné au début du match, récupérant même des ballons au centre du terrain. Mais sa première période est ratée, car il a mal lu le jeu, distillant des passes imprécises en confondant vitesse et précipitation. Ses accélérations ont été bien maîtrisées par les défenseurs de l’OM. Il a joué plus simple en seconde période, mais l’ancien Monégasque est resté méconnaissable. Averti pour avoir mis la pression l’arbitre – avec raison – car Amavi avait stoppé son accélération de la main (54e). Un match à oublier, remplacé par Di Maria (79e), qui n’a pas eu le temps de s’exprimer.

- Cavani (6) : un match typique pour lui. Du déchet technique quand il essaye de combiner avec Mbappé et Neymar dans les petits espaces, mais ses courses intelligentes lui ont valu deux belles occasions en première période (13e, 18e), surtout la deuxième où il est surpris par le ballon alors qu’il se trouvait seul face à Mandanda. Peu à l’aise avec le ballon en seconde période, il s’est procuré quelques demi-occasions. Il filait droit vers un match raté, mais a sauvé ses troupes sur un magnifique coup franc direct qui est entré après avoir touché la transversale (90e+3).

- Neymar (4,5) : approximatif au début, il a lancé son match avec cette incroyable percée individuelle (13e) où il a ridiculisé Ocampos et Anguissa avant de servir Mbappé dans une zone dangereuse. Dès qu’il avait le ballon au pied, on s’attendait à des tours de magie. Et sa persévérance lui aura souri, le Brésilien égalisant sur une frappe croisée vicieuse (13e). De plus en plus individuel au fil du match. Il a parfois trop gardé le ballon et n’a pas fait toujours les bons choix (65e). Son sang a chauffé après le but de Thauvin, ce qui lui a valu deux jaunes en deux minutes et donc une expulsion (87e). Le plus dangereux des Parisiens, mais il a craqué et s’est montré globalement trop individuel.

 

SOURCE : FOOTMERCATO.NET