On attendait un Luis Enrique sur la défensive après la défaite frustrante à Lisbonne. On a eu tout le contraire. En conférence de presse ce jeudi, l’entraîneur parisien a sorti les griffes. Bilan comptable, niveau des adversaires, ignorance des journalistes et comparaison avec Lens : le coach du PSG a remis l’église au milieu du village avec une confiance inébranlable.
« Une saison extraordinaire » dans le « pire groupe » de l’histoire
C’est l’argument massue de l’Espagnol. Alors que certains s’inquiètent de voir le PSG 5e de son groupe de Ligue des Champions (et menacé de sortir du Top 8), Luis Enrique préfère regarder la qualité de l’adversité. Pour lui, le tirage au sort a offert au PSG le groupe le plus relevé jamais vu sous ce format.
« Si vous regardez le classement, sur les huit équipes de notre groupe il y a en a six pour être dans les huit premiers », analyse-t-il froidement.
Il insiste sur l’anomalie du tirage : « Le Sporting n’était pas une équipe du pot 4. Les équipes du pot 4 que nous avons affrontées sont Tottenham et Newcastle qui ont 13 points ! Avec le pire, pire groupe de Champions League, nous sommes plutôt pas mal hein ? »
Pour lui, être encore en course pour le Top 8 face à une telle opposition relève de la performance, pas de l’échec. « Si je pense à tout ça, la saison est extraordinaire », ose-t-il même affirmer.
La comparaison avec Lens et l’an passé
En Ligue 1, le PSG n’est « que » deuxième derrière un RC Lens en feu. Là encore, Luis Enrique refuse de parler de régression. Il sort les chiffres pour prouver que son PSG progresse, même si le classement ne le montre pas encore.
« Nous avons marqué quatre buts de plus que l’année dernière. On a quatre points de moins en L1 et nous ne sommes pas premiers parce que Lens a gagné ces dix derniers matchs consécutifs et mérite d’être premier », explique-t-il avec fair-play mais lucidité.
Le message est clair : Paris ne sous-performe pas, c’est Lens qui sur-performe historiquement. « Si on analyse cette saison particulière, on est dans un très bon moment. »
Le tacle aux journalistes : « Vous n’avez pas 50% des infos »
Fidèle à sa réputation, Luis Enrique n’a pas manqué d’égratigner la presse. Agacé par les questions sur ses choix tactiques ou les changements (notamment à Lisbonne), il a rappelé la distance qui existe entre le staff et les observateurs.
« Vous cherchez tout le temps à trouver les solutions mais vous ne les trouvez pas, jamais, parce que vous n’avez pas l’information », a-t-il lancé.
Avant d’enfoncer le clou : « Je ne peux pas partager votre opinion parce que vous n’avez pas 50% de l’information que j’ai. » Une manière de dire que les critiques sur la gestion des temps de jeu ou les blessures se font sans connaître l’état réel des joueurs au quotidien.
L’excuse (valable) des blessures
Pour justifier les difficultés à tuer les matchs, Luis Enrique a mis en avant un facteur souvent oublié : l’infirmerie. Selon lui, il n’a jamais pu aligner son « équipe type » de la saison passée dans de bonnes conditions.
« Cette année, on a joué un seul match avec l’équipe qui a joué la finale de la Ligue des champions, avec des joueurs à 50%. Et ça a été ça toute cette année », déplore-t-il. Entre les absences de Lucas Hernandez, Ramos, Kimpembe ou les pépins récents de Ruiz et Neves, le coach n’a jamais eu son effectif au complet.
Top 8 ou Barrages ? « Pas de doute » sur le niveau
Enfin, concernant la peur de rater le Top 8 qualificatif direct en C1, Luis Enrique joue la carte de la sérénité. S’il « préfère gagner le prochain match et aller dans le Top 8 », il ne dramatise pas l’hypothèse des barrages.
Pourquoi ? Parce que la mentalité a changé.
« L’année dernière, nous ne savions pas que nous pouvions gagner la Ligue des Champions. Aujourd’hui, les joueurs savent qu’on le peut et le reste des autres équipes savent qu’on peut gagner de nouveau. C’est la meilleure chose. »
Qualifié directement ou via les barrages, Luis Enrique en est sûr : son équipe fera peur à tout le monde au printemps.








